Voilà. A l'automne qui a suivi ton départ, je n'ai plus pu me convaincre. C'est comme si d'un coup, j'avais été fatiguée de me mentir et aussi de me croire par moments. Croire que tu allais réapparaître, croire qu'il fallait attendre pour comprendre. Croire que le temps contenait des ingrédients mystérieux qui entoureraient les douleurs. Croire qu'il y avait une fin, comme un cercle avec explications comprises à l'intérieur.

[...]

Après tout, tu as bien décidé de t'évader de nous deux. Tu as pris une décision pour ta vie que je croyais être devenue un peu la mienne, puisqu'on y vivait tout les deux. (Lola Lafon)

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:59

est ce que tout ce vide n'allait pas me faire oublier des choses, dans ce que je ne voulais pas oublier.

est ce que tout ce vide n'allait pas me faire oublier des choses, dans ce que je ne voulais pas oublier.

J'avais moins mal de ton départ mais je ne savais pas si ça me rendait heureuse. Parfois, le soir avant de s'endormir, tout ralentit joliment, les idées finissent leur journée pour se ranger en silence comme dans Mary Poppins, mais l'anesthésie échoue et une idée reste debout, vive et remuante. Ton absence, le manque absolu de ta présence écraisait tout. (Lola Lafon)

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# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:55

♥ et mon coeur transparent (de Véronique Ovaldé)

♥ et mon coeur transparent (de Véronique Ovaldé)
Quand il avait marché auprès d'Irina la première fois, le jour où elle portait son affreux imper mastic, ses cheveux se détachant de son chignon en mèches folles, sa silhouette minuscule auprès de lui malgré le vertige de ses talons gris, les cernes sous ses yeux de mosaïque byzantine formant de grands arcs bleus, toute sa personne luisant d'une manière si spéciale [...], quand il avait marché auprès d'Irina la première fois, il s'était senti si chaviré qu'il avait pu entrevoir sa vie sous de justes proportions.
Quand elle lui avait dit qu'elle appréciait sa compagnie en un jour si sombre, [...] quand il avait regardé autour de lui pour ne pas trop la regarder, quand elle s'était postée près de lui, qu'elle avait touché son bras, puis sa main, quand elle avait mis son poing dans la paume de Lancelot, l'avait embrassé et mené jusqu'à sa chambre, quand elle avait tiré les rideaux et quand il l'avait allongée et déshabillée, [...] quand il avait posé la tête sur la poitrine de sa belle, sombrant un instant dans une grande confusion, se demandant ce qu'il faisait là, alors qu'il était homme à ne plus se souvenir du désir, se disant, Je suis hors de moi, s'inquiétant déjà puis refusant de s'inquiéter, puis mélangeant tout, se demandant, Que s'est-il passé pour que j'en arrive là, dans ce lit, avec cette jolie fille ? et la question qui suivait et qui était tout aussi angoissante, Mais que peut-elle trouver à un type comme moi ? Lancelot lui embrassant la peau qu'elle avait fine et sans parfum, Lancelot reconnaissant et ému, se disant, Je ne vais pas pleurer tout de même, quand il eut donc effectué tout ce trajet, qu'il l'eut enlacée enfin et lui eut embrassé les paupières, Lancelot avait su qu'il n'y aurait pas d'autre solution que de rester auprès d'elle pour se sentir encore vivant.

# Posté le vendredi 11 septembre 2009 12:06

les tendresses jamais données, les fous rires jamais partagés, les compliments jamais formulés,
tout ce vide qui fait si mal.


# Posté le dimanche 14 juin 2009 09:12

soit il est parti avec tout ce qui, en moi, était à lui. soit c'est moi qui ai tout jeté, une enveloppe vide, je suis devenue une enveloppe vide. dans les deux cas, il ne reste rien.

soit il est parti avec tout ce qui, en moi, était à lui. soit c'est moi qui ai tout jeté, une enveloppe vide, je suis devenue une enveloppe vide. dans les deux cas, il ne reste rien.
beaucoup d'années ont passé. elles n'ont pas compté. c'est en tout cas le sentiment qu'elles m'ont laissé. j'étais certain que plus rien ne pouvais maintenant m'arriver. du moins : plus rien qui puisse m'atteindre dans le secret de mon coeur. je vivais. je laissais les jours se remplir et se vider de la même matière morne et sans durable importance. de minuscules vanités, quelques plaisirs pour rien m'occupaient le corps et puis l'esprit. merveilleuse et puis misérable, une magnifique mélancolie s'était étendue sur le monde. [...] mon existence ne différait de celle des autres que sur un seul point : elle était sans avenir. je flottais dans la formidable nonchalance d'un perpétuel présent. le futur me faisait défaut. tout projet m'était impossible. la reconduction à l'identique des jours, des semaines, des années me laissait immobile au sein du grand mouvement du temps qui poussait tous les autres vers l'avant. philippe forest.

# Posté le dimanche 19 avril 2009 08:10

voilà. j'ai été une parenthèse, un divertissement, une diversion dans le meilleur des cas. inutile de se creuser la tête davantage. mais de n'avoir été que cela, et de le savoir, ne rend pas la douleur moins vive, hélas. on peut l'énoncer autrement : je rêvais d'un amoureux, tu consentais seulement à être un amant.

voilà. j'ai été une parenthèse, un divertissement, une diversion dans le meilleur des cas. inutile de se creuser la tête davantage. mais de n'avoir été que cela, et de le savoir, ne rend pas la douleur moins vive, hélas. on peut l'énoncer autrement : je rêvais d'un amoureux, tu consentais seulement à être un amant.

C'était marrant, avant, de discuter avec toi. C'était marrant quand j'aimais tout de toi, toi en bloc, tes faiblesses, tes défauts, je les aimais aussi tes défauts, et j'aimais quand on discutait, j'aimais avoir tort contre toi, et raison avec toi, et t'embrasser, et te couper la parole pour lancer oh là là tu as la peau douce, et jouer au bébé, et jouer à l'adulte, et mettre un doigt dans ta bouche pendant que tu parlais pour t'énerver un peu, toucher tes dents, te retrousser le nez, te malmener, je t'appartenais, tu m'appartenais, tu le sais bien qu'on était comme ça. Là, j'ai plus envie. Je n'ai même pas de peine. Je voudrais bien, mais je ne peux pas, je te trouve trop assommant, et puis je suis devenue un bloc d'égoïsme maintenant, rien ne se glisse entre moi et moi, ni la tristesse ni le malheur, je ne laisse entrer que le plaisir, oui, j'ai cette capacité-là, moi, de filtrer ce qui m'arrive, de choisir, j'ai choisi de ne pas être triste, ou quelque chose en moi a choisi pour moi, je ne sais pas, je n'ai pas envie de savoir, ça ne m'intéresse pas.
justine lévy.

# Posté le samedi 18 avril 2009 15:49

" sans toi peu m'importe. toute la fureur de nos douze années ensemble s'efface. et je prend conscience que je t'aime plus que moi-même. et bien que tu ne m'aimes peut-être pas autant, tu m'aimes un peu non ? si ce n'est pas vrai, je vivrais toujours dans l'espoir que ça le devienne." film Frida.

" sans toi peu m'importe. toute la fureur de nos douze années ensemble s'efface. et je prend conscience que je t'aime plus que moi-même. et bien que tu ne m'aimes peut-être pas autant, tu m'aimes un peu non ? si ce n'est pas vrai, je vivrais toujours dans l'espoir que ça le devienne." film Frida.

Et en même temps je n'ai pas été tellement étonnée non plus le jour où il m'a rappelée. Je sortais avec un de ces gaçons que je ne choisissais pas, il ne me déplaisait pas mais ne me plaisait pas non plus, enfin ça dépendait [...] Quand il était gentil, et il l'était souvent, je lui disais je t'aime bien mais je ne t'aime pas, pas la peine d'espérer, rien à tirer de moi, même si un jour je guéris ce n'est pas toi que j'aimerai. Il répondait, avec des larmes au coin des yeux, des petites larmes que je lui enviais et qui me dégoûtaient, il répondait c'est pas grave, moi je t'aime, c'est important d'être aimée, c'est un cadeau que je te fais, je ne veux rien en échange. Je ne discutais pas, il avait peut-être raison, mais je m'en fichais. Parfois je songeais à le quitter, mais pour quoi faire ? Pour quelqu'un d'autre avec qui ce serait pareil ? J'aurais pu, au lieu de lui, tomber sur un salaud. Est-ce que c'est pas mieux que rien un salaud ? Justine Lévy.

# Posté le lundi 13 avril 2009 14:01

ne pas avoir la nostalgie comme unique contenu.

ne pas avoir la nostalgie comme unique contenu.
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Je pense à lui tout le temps, je n'ai même pas besoin de penser à lui pour penser à lui, il est tout les temps avec moi comme un poids, un remords, une présence douce, un grand désespoir.

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# Posté le mercredi 08 avril 2009 14:44

Modifié le jeudi 09 avril 2009 07:13