Et en même temps je n'ai pas été tellement étonnée non plus le jour où il m'a rappelée. Je sortais avec un de ces gaçons que je ne choisissais pas, il ne me déplaisait pas mais ne me plaisait pas non plus, enfin ça dépendait [...] Quand il était gentil, et il l'était souvent, je lui disais je t'aime bien mais je ne t'aime pas, pas la peine d'espérer, rien à tirer de moi, même si un jour je guéris ce n'est pas toi que j'aimerai. Il répondait, avec des larmes au coin des yeux, des petites larmes que je lui enviais et qui me dégoûtaient, il répondait c'est pas grave, moi je t'aime, c'est important d'être aimée, c'est un cadeau que je te fais, je ne veux rien en échange. Je ne discutais pas, il avait peut-être raison, mais je m'en fichais. Parfois je songeais à le quitter, mais pour quoi faire ? Pour quelqu'un d'autre avec qui ce serait pareil ? J'aurais pu, au lieu de lui, tomber sur un salaud. Est-ce que c'est pas mieux que rien un salaud ? Justine Lévy.