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voilà. j'ai été une parenthèse, un divertissement, une diversion dans le meilleur des cas. inutile de se creuser la tête davantage. mais de n'avoir été que cela, et de le savoir, ne rend pas la douleur moins vive, hélas. on peut l'énoncer autrement : je rêvais d'un amoureux, tu consentais seulement à être un amant.

voilà. j'ai été une parenthèse, un divertissement, une diversion dans le meilleur des cas. inutile de se creuser la tête davantage. mais de n'avoir été que cela, et de le savoir, ne rend pas la douleur moins vive, hélas. on peut l'énoncer autrement : je rêvais d'un amoureux, tu consentais seulement à être un amant.

C'était marrant, avant, de discuter avec toi. C'était marrant quand j'aimais tout de toi, toi en bloc, tes faiblesses, tes défauts, je les aimais aussi tes défauts, et j'aimais quand on discutait, j'aimais avoir tort contre toi, et raison avec toi, et t'embrasser, et te couper la parole pour lancer oh là là tu as la peau douce, et jouer au bébé, et jouer à l'adulte, et mettre un doigt dans ta bouche pendant que tu parlais pour t'énerver un peu, toucher tes dents, te retrousser le nez, te malmener, je t'appartenais, tu m'appartenais, tu le sais bien qu'on était comme ça. Là, j'ai plus envie. Je n'ai même pas de peine. Je voudrais bien, mais je ne peux pas, je te trouve trop assommant, et puis je suis devenue un bloc d'égoïsme maintenant, rien ne se glisse entre moi et moi, ni la tristesse ni le malheur, je ne laisse entrer que le plaisir, oui, j'ai cette capacité-là, moi, de filtrer ce qui m'arrive, de choisir, j'ai choisi de ne pas être triste, ou quelque chose en moi a choisi pour moi, je ne sais pas, je n'ai pas envie de savoir, ça ne m'intéresse pas.
justine lévy.

# Posté le samedi 18 avril 2009 15:49

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