comme avant quand tu me serrai fort. comme avant quand tu me disais encore.

comme avant quand tu me serrai fort. comme avant quand tu me disais encore.

--dans cet hôtel mirador
--je crois, tu vois, entendre ta voix
--dans cette chambre en face du port
--c'est ton ombre qui se joue de moi
--et les eaux bougent, la mer monte
--mais moi je ne pense plus qu'à ça
--qu'à ton sourire et ta peau douce
--mais ce soleil qui ne brille pas

--pourtant je n'en demandais pas autant
--juste te connaitre. pas plus.
--pourtant il a fallut qu'on se rencontre
--si j'avais su, si j'avais su

--peut-être qu'un jour je pourrai prendre
--tous ces bateaux qu'on a rêvé
--partir très loin et sans attendre
--que ta main vienne me sauver
--je me crois fort et tout est clair
--je ne sais pas si bien nager
--et dans ma tête le sel opère
--tout a été bien conservé

--pourtant je n'en demandais pas autant
--juste te connaitre. pas plus.
--pourtant il a fallu qu'on se rencontre
--si j'avais su, si j'avais su

--encore un dernier coup à boire
--que je tombe raide sans rien au fond
--que l'alcool m'arrache la mémoire
--que j'en oublie jusqu'à ton nom

--je suis à terre et mon reflexe
--c'est de te regarder dans les yeux
--de rien y voir que cet hôtel
--juste une histoire mais sans nous deux

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 12:59

Modifié le lundi 03 novembre 2008 06:27

ça fait longtemps maintenant, et c'est un longtemps qui s'agrandit tout le temps.

ça fait longtemps maintenant, et c'est un longtemps qui s'agrandit tout le temps.

-- Là-bas, je ne vais plus penser à rien.
-- nager, dormir, manger.

-- Plus penser c'est ça tes vacances !
-- Ouai...
-- T'es sûre que tu veux pas essayer autre
-- chose ?
-- Là, j'ai pas envie de tout ça. alors oui je
-- vais dormir pendant 15 jours et c'est
-- très bien comme ça.

-- C'est des conneries tout ça. il reviendra
-- pas, tu sais bien...
-- Nan, je sais pas ! Tais-toi !
-- Il est passé à autre chose... ça fait un an !
-- Et même si il revient, tu crois que ça lui
-- plaiera de te voir comme ça. Ca change
-- quoi que tu mènes cette vie là. que tu
-- t'interdises tout. que tu mettes plus le
-- nez dehors. Hein ?

[film : je vais bien, ne t'en fais pas]

# Posté le lundi 27 octobre 2008 07:32

Modifié le samedi 01 novembre 2008 18:06

Je suis sonnée, mon corps est en pilotage automatique. Le coeur et le cerveau sont difficiles à démêler, alors je fais confiance à mes jambes pour avancer.

Je suis sonnée, mon corps est en pilotage automatique.  Le coeur et le cerveau sont difficiles à démêler, alors je fais confiance à mes jambes pour avancer.


--Depuis que tu m'as quitté, des ombres ont pris ta place. Au début, il me suffisait de souffler dessus pour les faire disparaître. Je pensais haut et fort que tu allais revenir. Puis tu n'es pas revenu, et les ombres se sont solidifiées dans la maison. Chaque jour, je les sentait s'épaissir un peu plus, mais je refusais d'y prêter trop attention. Tu vas revenir, et ces saloperies d'ombres retourneront d'où elles viennes, point barre !

--Ces ombres qui sillonent la maison, qui comme les lames se plantent dans les portes. Et dans le lavabo de salle de bains, et dans mon crâne quand je me lave les dents. Je vais me coucher avec des lames perdues enfoncées dans le crâne. Elles font mal comme des coups de soleil sur les yeux. Elles diffusent deux produits très toxiques pour mon coeur troué : d'abord du vide visible et ensuite des souvenirs. Les deux cumulés, ça arrache la gueule.

--J'ai rangé mes souvenirs. Le vide et son orchestre de silence ce sont emparés de la maison. Je traîne un peu dans le couloir. Je sens les ombres de toute la maison. Chaque recoin est habité. Je préfère encore me promener parmi ces fantômes qu'aller me coucher. Je ne te reverrai plus jamais. Mon corps refuse, ça cogne contre les parois. Je me prend l'ombre en pleine poire, ça serre la gorge un bon coup et je repart le souffle court. Les ombres continuent leur travail de sape. Elles me piquent les yeux et me déversent des litres et des litres de souvenirs bien récents - les pires.
.

[ extrait de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi,
de Mathias Malzieu ♥ ]


# Posté le dimanche 26 octobre 2008 09:47

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 10:18

Et le coeur ! Ah le coeur, il en mille morceaux le coeur ! J'ai connu l'amour qui l'a arraché plus d'une fois !

Et le coeur ! Ah le coeur, il en mille morceaux le coeur ! J'ai connu l'amour qui l'a arraché plus d'une fois !


- Mais tu vas réapprendre à rire. Lis, rêve, repose-toi, amuse-toi, même si ça te paraît impossible. Tout va te paraître dérisoire, mais n'abandonne rien. Ne cède rien au désespoir ! Utilise tes rêves. Et même s'ils sont cassés, recolle-les ! Un rêve brisé bien recollé peut devenir encore plus beau et solide. Aime les choses ! Et si tu es triste à mourir, c'est normal, assume-le. Mais ne te laisse pas aller va... Revendique-moi un peu ce coeur là !

J'ai envie de lui balancer que c'est facile à dire. Et puis je sens qu'il y met du sien pour me remonter le moral. Je continue à l'écouter sans rien dire.

- Il te faudra un peu de temps. Les cataclysmes, c'est lourd à digérer. Même si ça te paraît loin, inaccessible, applique-toi et fonce à ton rythme.

Je me pince les lèvres parce que je ne veux pas pleurer devant lui. Ca suffit de pleurer devant les gens, ça les contamine et tout le monde ruisselle en deux secondes.

- Tu vas apprendre à mâcher les cataclysmes, et tu les avaleras ! Tu feras un effort ! Et puis les cataclysmes, c'est dur à avaler, mais c'est très bon pour la santé et ça fait grandir !

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[ extrait de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi,
de Mathias Malzieu ]

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 09:23

j'écris des lettes d'amour à quelqu'un qui ne m'aime pas. mais pourquoi l'amour ? il ne m'a rien promis, et moi-même je ne demande que la beauté. il n'y a même plus de beauté puisqu'il n'y a plus rien.

j'écris des lettes d'amour à quelqu'un qui ne m'aime pas. mais pourquoi l'amour ? il ne m'a rien promis, et moi-même je ne demande que la beauté. il n'y a même plus de beauté puisqu'il n'y a plus rien.

rien que l'idée de lui écrire une lettre - qu'il ne recevra peut-être pas, d'ailleurs - me redonne un but absurde dans la vie. il est pour moi une source de rêve et de douleur que je ne peux renoncer facilement à lui, ou plutôt à son image, son souvenir. la recevra-t-il ? si oui, deux possibilités. le téléphone. le silence. celui-ci pouvant avoir tous les sens : indifférence, refus d'engager à nouveau des rapports, fût-ce les plus lointains - bonheur de ne pas avoir été oublié mais sans désir de se manifester. cette lettre a été écrite pour obtenir un signe, soit d'agacement, soit de mémoire. je pense qu'en effet il n'a aucun désir à mon égard, puisque ma dernière lettre est restée sans appel. (en fait, j'écris cela en espérant le contraire, qui est aussi possible : il ne sais pas comment procéder) . et il n'y a rien, il n'y aura jamais rien, de lui, au courrier, affaire classée.

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 11:26

redis-moi que tu m'aimes, même si tu mens un peu, même si tu mens beaucoup, même si tu t'en fous.

redis-moi que tu m'aimes, même si tu mens un peu, même si tu mens beaucoup, même si tu t'en fous.

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.

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----parce que je suis si faible
----tout le monde accélère
----mais je vais toujours lentement
----et je suis si faible
----tout le monde s'embrasse
----je vois l'amour
----partout
----mais personne pour moi
----ce que je veux dire
----c'est que tu me manques maintenant


# Posté le samedi 11 octobre 2008 14:32


_Souvent, l'urgence d'agir d'une façon ou d'un autre s'accompagnait de délibération fièvreuses. Ecrire ou téléphoner. Aujourd'hui, demain, dans une semaine. Dire ceci plutôt que cela. En fin de compte, soupçonnant peut-être l'inefficacité de tout, j'avais recours au tirage au sort avec des cartes ou des petits papiers pliés dans lesquels je puisais en fermant les yeux. Si j'arrivais à ne pas succomber à l'urgence et à différer d'un ou plusieurs jours le coup de fil que je brûlais de lui donner, ma voix contrainte, les mots qui m'échappaient, décalés ou agressifs, ruinaient l'effet que j'attendais du délai. Et devant son refus de discuter, son inertie d'homme pris entre deux femmes, une bouffée de rage m'enlevait la faculté d'argumenter et l'usage maîtrisé du langage : au bors de débonder ma douleur en insultes - "restes-y, grand con, avec ta pouffiasse" -, je fondais en larmes.

_De plus, à certains moments, il m'apparaissait fugitivement que je pourrais faire cesser cette occupation, rompre le maléfice, aussi simplement qu'on passe d'une pièce dans une autre pièce ou qu'on sort dans la rue. Mais quelque chose manquait, dont je ne savais pas d'où cela viendrait - du hasard, du dehors, ou bien de moi-même.

[ extrait de L'occupation, de Annie Ernaux ♥ ]

# Posté le dimanche 28 septembre 2008 08:46

parfois j'entrevoyais que s'il m'avait dit brusquement, "je la quitte et je reviens avec toi", passé une minuted'absolu bonheur, d'éblouissement presque insoutenable, j'aurais éprouvé un épuisement, une flaccidité mentale analogue à celle du corps après l'orgasme et je me serais demandé pourquoi j'avais voulu obtenir cela.

parfois j'entrevoyais que s'il m'avait dit brusquement, "je la quitte et je reviens avec toi", passé une minuted'absolu bonheur, d'éblouissement presque insoutenable, j'aurais éprouvé un épuisement, une flaccidité mentale analogue à celle du corps après l'orgasme et je me serais demandé pourquoi j'avais voulu obtenir cela.
Dans la conversation, il jetait parfois incidemment, "je ne t'ai pas dit ?", enchaînant sans attendre la réponse, le récit d'un fait survenu dans sa vie les jours précédents, l'annonce d'une nouvelle concernant son travail. Cette fausse question m'assombrissait aussitôt. Elle signifiait qu'il avait déjà raconté cette chose à l'autre femme. C'est elle qui, en raison de sa proximité, avait la primeur de tout ce qui lui arrivait, de l'anodin à l'essentiel. J'était toujours la seconde - dans le meilleur des cas - à être informée. Cette possibilité de partager, dans l'instant, ce qui survient, ce qu'on pense, et qui joue un si grand rôle dans le confort du couple et sa durée, j'en étais dépossédée. "Je ne t'ai pas dit ?" me plaçait dans le cercle des amis et des familiers qu'on voit épisodiquement. Je n'étais plus la première et indispensable dépositaire de sa vie au jour le jour. "Je ne t'ai pas dit ?" me renvoyait à ma fonction d'oreille occasionnelle. "Je ne t'ai pas dit ?" c'était : je n'avais pas besoin de te le dire. Pendant ce temps je vivais en poursuivant inlassablement le récit intérieur, tissé de choses vues et entendues au fil des jours qu'on destine à l'être aimé en son absence - la description de mon quotidien qui, je m'en rendais vite compte, ne l'intéressait plus.

[ extrait de L'occupation, de Annie Ernaux ♥ ]


# Posté le dimanche 28 septembre 2008 08:41

ce n'était pas l'autre femme, finalement, que je voyais à ma place, c'était surtout moi, telle que je ne serais plus jamais, amoureuse et sûre de son amour à lui, au bord de tout ce qui n'avait pas encore eu lieu entre nous. Je voulais le ravoir.

ce n'était pas l'autre femme, finalement, que je voyais à ma place, c'était surtout moi, telle que je ne serais plus jamais, amoureuse et sûre de son amour à lui, au bord de tout ce qui n'avait pas encore eu lieu entre nous. Je voulais le ravoir.


_Quand je l'appelais sur son portable il lui arrivait de s'exclamer, "je pensais justement à toi il y a une minute !". Loin de me réjouir, de me faire croire à une communion des esprits, cette remarque m'accablait. Je n'entendais qu'une chose : le reste du temps je n'étais pas dans sa pensée. C'était exactement la phrase que je n'aurais pas pu dire : du matin au soir, lui ne quittait pas la mienne.

_Je notais dans mon journal, "je suis décidée à ne plus le revoir". Au moment où j'écrivais ces mots, je ne souffrais plus et je confondais l'allégement de la souffrance due à l'écriture avec la fin de mon sentiment de dépossession et de jalousie. A peine avais-je refermé le cahier que j'étais de nouveau tenaillée par le désir de savoir le nom de cette femme qui partagée sa vie, d'obtenir des informations sur elle, toutes choses qui allaient engendrer encore de la souffrance.

_Le plus extraordinaire dans la jalousie, c'est de peupler une ville, le monde, d'un être qu'on peut n'avoir jamais rencontré.
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[ extrait de L'occupation, de Annie Ernaux ♥ ]


# Posté le vendredi 26 septembre 2008 14:37